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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/883

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sur l’ensemble des navires alliés et neutres était supérieure à 250 par mois, savoir : janvier, 186 ; février, 247 ; mars, 274 ; avril, 299 ; mai, 246 ; juin, 250. A partir de cette date, la moyenne décroît sensiblement : 95 en août, 64 en octobre, 58 en novembre, 60 en décembre. En outre, à mesure que le nombre des attaques diminue, leur réussite devient de plus en plus problématique. Au début, les submersibles coulaient leur proie presque à coup sûr. Le nombre des navires coulés dans les premiers mois de 1917 est respectivement de 151 en janvier, 243 en avril, 174 en juin, donnant une moyenne de 85 pour 100 environ de réussites sur les attaques entreprises. Dans le dernier trimestre de la même année, le total des pertes est de 39, 38, 37, accusant un pourcentage de 60 pour 100 sur les attaques. Encore faut-il considérer que la majeure partie des bâtiments coulés durant l’automne 1917 comprend des voiliers, si difficiles à défendre qu’on a dû les échanger avec l’Amérique pour des steamers. Les premiers iront faire voile dans le Pacifique, les seconds prendront à leur compte les dangers de la navigation dans la zone dangereuse.

Un dernier chiffre va nous donner une idée des progrès accomplis. Le nombre des bâtiments attaqués au canon est de 24 en juin et de 17 en juillet 1918, sur lesquels 4 vapeurs et 12 voiliers seulement ont été coulés, presque tous neutres et non armés. Encore les trois cargos coulés l’ont-ils été dans l’Atlantique par des croiseurs submersibles contre lesquels nous ne sommes pas suffisamment protégés. Ainsi, et quoiqu’il y ait eu pour cette raison recrudescence pendant le mois d’août, on peut dire que les attaques au canon ont été pratiquement abandonnées par les Allemands.

L’importance de ce fait est indéniable. L’emploi de la torpille, auquel nous avons contraint nos ennemis de recourir, est loin de valoir pour eux l’usage du canon. L’assaillant doit se rapprocher de son but et lancer en plongée, c’est-à-dire dans des conditions souvent difficiles. Il n’est guère aisé d’apprécier exactement le succès de ces attaques. Un grand nombre d’entre elles ont échoué sans être même connues des bâtiments qui les subissaient. La proportion des navires atteints, par rapport aux navires qui ont vu l’attaque, oscille autour de 80 pour 100. Il est facile de calculer les conséquences de cette nouvelle tactique en rapprochant le chiffre des unités coulées par la