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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/876

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d’autant plus regrettables que ce tonnage est plus rare et plus nécessaire. Mais à quoi bon accélérer la vitesse, si c’est pour augmenter les risques ? « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. » Malgré la lenteur de ces trains de navires, malgré les exigences du ravitaillement, les Alliés ont cru devoir persister dans leur méthode.

On sait ce qu’est un convoi. Les bâtiments sont rassemblés à la sortie des ports, ou groupés au large en vue des côtes où ils atterrissent. Des navires d’escorte se mettent à la tête, ou flanquent la ligne, et celle-ci navigue sous la protection des navires de guerre. Employée à la fin de 1915 pour le transport de l’armée d’Orient, cette méthode dut être abandonnée au bout de quelques semaines à cause de l’usure qu’elle avait déterminée chez les torpilleurs. Elle fut reprise en janvier 1917, dans des conditions qui la réhabilitèrent complètement. Pour assurer la sécurité des transports de charbon entre l’Angleterre et la France, il fut convenu que tous les navires affectés au service du French-Coal seraient concentrés chaque soir dans certain port de la Manche et traverseraient la mer, de nuit, en convois escortés. Ces bâtiments de faible vitesse pouvaient être accompagnés par de simples patrouilleurs et suivaient de très près le littoral anglais et français sous la protection des éléments de surveillance côtière. Le procédé eut un plein succès et les pertes de convois furent insignifiantes. Peu à peu, tous les navires trafiquant sur les côtes de France, ou entre la France et l’Angleterre, furent encadrés dans ces convois. Des garages furent établis en divers points de nos côtes pendant les périodes dangereuses. Toute une organisation fut constituée à cet effet entre Dunkerque et Saint-Jean-de-Luz et elle continue à fonctionner d’une façon des plus satisfaisantes.

Le système des convois s’étendit ensuite aux navires traversant la Méditerranée. Sur les grandes routes de l’Atlantique la navigation d’abord libre fut canalisée dans de larges fleuves à l’intérieur desquels chaque navire devait suivre une route déterminée passant par un certain nombre de points surveillés. Près des rivages anglais ou français, ces routes aboutissaient à des entonnoirs où les bâtiments étaient groupés en convois. L’entrée en service des croiseurs submersibles qui opèrent on pleine mer vient de nous obliger à prolonger nos convois sur