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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/78

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carnet de route français ; nous sommes en mesure, l’infanterie arrivant, de rétablir la situation à droite. »

L’infanterie, ayant en tête la 236e compagnie (capitaine Jacquet), débouche à l’Ouest de Moy, suit la grand’route de Vendeuil à Cerizy, se dirigeant vers la Guinguette et la Folie (cote 117) qui domine Urvillers. « Les vaillants réservistes, Parisiens et Normands, montent, courent, sac au dos. Braves poilus ! qu’on appelait déjà ainsi au camp d’Auvours au mois de juin ! » On affirme que Benay est occupé.

Le général Legros sera-t-il secouru à temps ? Les batteries continuent à tirer ; la 105e brigade (général de Montangon) est sur le plateau Hinacourt-Benay ; le 205e en échelons à droite. « Les affaires vont bien jusqu’à ce moment. » (16 heures.)

Mais les renforts allemands, entrés en ligne, deviennent de plus en plus nombreux et portent leur contre-attaque sur Hinacourt-Urvillers.

Le général Legros ne peut tenir plus longtemps. Après avoir subi de lourdes pertes, il doit abandonner définitivement Urvillers, repris une troisième fois ; il perd la ferme de Puisieux ; il perd la Guinguette, il se demande même s’il pourra tenir sur la rive droite de la rivière. Or, au même moment, le 18e corps (général de Mas-Latrie) fait savoir que, menacé sur sa droite, il est obligé de se replier également au-delà de l’Oise, à Mézières et Châtillon-sur-Oise.

D’autre part, des troupes allemandes (sans doute du Xe corps) apparaissent sur la Fère et y écrasent un de nos bataillons, bataillon Brémont à Ly-Fontaine.

Le général Perruchon sait, d’ailleurs, que les Anglais sont, d’ores et déjà, à un jour de marche en arrière. Il craint d’être tourné. Il ordonne à son artillerie de quitter la hauteur de Cerizy où elle est encore, tirant toujours sur Urvillers, et de repasser l’Oise à Vendeuil et à Hamégicourt.

Cependant, le brave 5e bataillon du 236e, qui avait atteint la Guinguette à 15 heures en repoussant les Allemands, garde sa position, sous les assauts répétés de l’ennemi. Il reste là jusqu’à 19 heures, protégeant la retraite de la 69e division. Les blessés sont évacués sur Moy où fonctionnait encore une ambulance anglaise. Puis, comme les 205e et 319e gardaient la rivière, ce bataillon, très éprouvé, allait bivouaquer à Renansart.