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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/700

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plus isolé, jouit de moins de garanties contre les abus ; parce que l’esprit d’ordre et de vraie liberté y est moins développé. Ils sont inquiétants surtout lorsqu’on voit nos pouvoirs publics menacés ou menés, suivant le cas, par une minorité socialiste, bruyante et remuante, qui dédaigne de parti pris les lois économiques, bat en brèche l’initiative privée, pousse au gaspillage et jongle avec les milliards, comme si elle voulait ruiner d’abord cet Etat dont elle entend faire à la fois le maître de tout et son propre serviteur.

Ces dangers, il dépend de la sagesse et du bon sens du pays de les écarter. Néfaste ou bienfaisante, la réforme fiscale sera ce que nous la ferons. Elle est la loi, et nous mettons notre patriotisme à l’accepter, sans arrière-pensée comme sans illusion, quitte à tâcher de l’améliorer quand l’heure en sera venue. La machine nouvelle est dans nos mains ; il faut apprendre à nous en servir, et bien. Ceci demande, de la part des pouvoirs publics, de la prudence et de la modération ; dans l’administration fiscale, de l’équité et du tact ; et pour les particuliers, de la conscience et de l’esprit public. Est-ce trop espérer ? Puisse le loyalisme français faire ce miracle ! Il y va, ne l’oublions pas, du bon renom des finances de la France.


L. PAUL-DUBOIS,