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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/666

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M. Lloyd George a informé, le 7 août, la Chambre des Communes, que la marine anglaise avait détruit « au moins 150 sous-marins dont plus de la moitié dans le courant de l’année dernière. » Ce sont nos amis anglais qui ont coulé la plus forte proportion de sous-marins. Les destructions opérées par les autres alliés ne dépassent pas 20 pour 100 des leurs : ce qui porterait à 180 le total des submersibles coulés au 1er août. Ce succès, ayant été contesté par la presse germanique, l’agence Reuter a publié le démenti suivant : « L’Amirauté possède des documents établissant que, depuis le début de la guerre, les Allemands ont perdu plus de 150 sous-marins. Les preuves en seront publiées en temps opportun. » C’est chose faite actuellement. L’Amirauté a donné une liste de 150 commandants de sous-marins allemands dont 116 sont morts, 27 prisonniers, 6 internés en pays neutres, un seul ayant réussi a rentrer en Allemagne.

Il est facile de se rendre compte de l’exactitude du chiffre des sous-marins coulés, par l’identification de ceux qui demeurent en service. Au début de la guerre, l’Allemagne, — qui n’avait pas prévu elle-même l’usage qu’elle pourrait faire des sous-marins, — n’en possédait que vingt-huit ; en outre, une douzaine environ étaient en chantier, soit pour son compte, soit pour le compte de nations étrangères. Ce nombre n’a cessé de s’élever jusqu’au 1er juillet 1917. A cette époque, il devait dépasser le chiffre de 150 unités. Les Allemands avaient, durant toute l’année 1916, travaillé silencieusement à la constitution de ces forces sous-marines importantes, en vue de la guerre sous-marine à outrance. Pendant le deuxième semestre de 1917, il y a égalité entre les destructions et les entrées en service : mais à compter du 1er janvier 1918, l’effectif des sous-marins diminue brusquement par suite du succès de notre offensive ; succès qui se manifeste d’une façon particulièrement éclatante en mai 1918. On peut inférer, en effet, des déclarations des autorités compétentes que le nombre des pièces inscrites au tableau pour ce mois dépasse la quinzaine. Si en juin ce total est notablement inférieur, il faut considérer que l’activité des flottilles ennemies s’est ralentie au point que le tonnage marchand détruit est tombé à 250 000 tonnes environ.

Voilà donc un fait acquis : depuis le 1er juillet 1917, nous avons empoché la flotte sous-marine de grandir ; depuis le