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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/665

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contre-bordent, leurs aussières s’accrochent sous l’avant et l’arrière du sous-marin et commencent à « forcer. » Alors les chalutiers croisent leurs câbles et le sous-marin est pris dans une sorte de tenaille. Il semble s’éveiller et essaie de sortir des anneaux qui l’étreignent… Mais ses efforts sont inutiles… « . On l’a ! » signale l’hydravion. « Merci ! » répond le destroyer.

Le temps passe, le sous-marin ne bouge toujours pas. Sur un signal par pavillons du destroyer, le chalutier qui est à bâbord devant et le chalutier qui est à tribord derrière crochent des petites boites rouges, pleines d’un puissant explosif, sur l’aussière, raide comme une barre de fer, et les laissent couler jusqu’à ce qu’elles touchent la coque du sous-marin. C’est alors à l’hydravion d’agiter un pavillon et immédiatement se déclenchent les mises de feu : deux masses d’eau s’élèvent, on entend le bruit d’explosions sourdes et étouffées. Maintenant l’hydravion tourne en rond autour de la masse d’huile qui s’élève ; il s’assure que le sous-marin est bien détruit et annonce l’heureuse nouvelle : « Destroyer ! All right ! »


LES RÉSULTATS OBTENUS

On voit par cet exposé que les Alliés n’ont rien négligé pour se débarrasser de leurs adversaires. Il n’existe pas, à vrai dire, d’arme spécifique pour la destruction des sous-marins ; c’est donc par la multiplicité des procédés qu’on est arrivé à obtenir un résultat d’ensemble intéressant. Tel système qui réussit aujourd’hui sera demain inopérant, quand l’ennemi aura, découvert les moyens de s’en prémunir. Il faut faire constamment preuve d’imagination dans cette lutte offensive, qui exige les plus précieuses qualités d’intelligence et où il convient d’allier le flair du trappeur à l’esprit du savant.

Quels sont maintenant les résultats de notre action offensive ? — Ce point est resté jusqu’à ces derniers jours entouré de mystère. Les Amirautés alliées jugeaient imprudent d’informer l’ennemi de ses pertes. Discrétion peut-être excessive ; car, les Allemands ne pouvant ignorer le nombre de leurs sous-marins qui restent en route, il importe seulement de ne point leur dévoiler dans quelles conditions ces navires ont disparu ; ce qui risquerait de leur permettre d’éviter les écueils sur lesquels ils vont se briser. Rompant le mutisme traditionnel,