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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/662

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entendu le bruit du combat, et ses observateurs, immédiatement élevés à 350 mètres, avaient fourni toutes indications utiles, permettant au patrouilleur d’ouvrir le feu à très grande distance et ainsi de forcer l’ennemi à plonger.


* * *

Tous les appareils d’aviation et d’aérostation se sont d’ailleurs manifestés comme des chercheurs de mines de premier ordre dans les régions où les eaux sont claires. Ces mines automatiques, dont nous devons maintenant dire quelques mots, — redoutables pour nous-mêmes, quand elles sont semées sur la route de nos convois, — sont néfastes pour les sous-marins ennemis. Dès le début de la guerre, nous avons disposé des champs de mines pour barrer la route aux submersibles ; mais il y a quelques mois seulement que les Alliés sont entrés résolument dans la voie du mouillage des mines sur une grande échelle. A l’heure actuelle, nous sommes arrivés à immerger régulièrement des mines automatiques… comme on tire le canon sur le front terrestre.

Ces champs de mines, nous les avons multipliés partout où les fonds nous permettaient de les placer. Les Anglais en ont, pour leur part, posé plus d’un million. Rien n’est dangereux pour les submersibles comme ces engins mortels qui les guettent à la sortie de leurs bases. Il suffit que l’un d’eux heurte une mine, soit en plongée, soit en surface, pour provoquer l’explosion. Nul témoin n’assiste à ce drame obscur. Vainement l’Amirauté germanique attendra le retour du corsaire : il ne reviendra jamais plus. L’eau glauque a déroulé son voile morne sur ce naufrageur anonyme : le lâche meurtrier de femmes et d’enfants a ainsi payé sa dette sans éclat !

Inquiets de l’extension et de l’efficacité de nos champs de mines, les Allemands provoquent des campagnes dans les pays neutres pour exciter l’opinion publique contre l’Entente. Dernièrement, l’Amirauté annonçait par la T. S. F. de Nauen que le nombre des mines anglaises pochées sur la côte Ouest de la Suède allait croissant. Elle déclarait que, le 25 mai, on en avait trouvé dans les eaux territoriales et un journal à la dévotion de nos ennemis parlait du « grossier mépris des droits des neutres, » à l’occasion d’une mine placée dans une position dangereuse pour la navigation. Cette campagne ne nous