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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/659

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encourageants. Son application peut révolutionner la guerre sous-marine.


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L’obstacle que nous venons de signaler, — l’invisibilité du sous-marin, — n’existe pas pour l’avion : du haut des airs, celui-ci a la faculté d’apercevoir le submersible, même entre deux eaux ; et il lui est facile de le gagner de vitesse. Aussi la grenade est-elle l’arme par excellence de l’aéronautique maritime, aviation et aérostation. Les Alliés ont été lents à se rendre compte de l’assistance que l’aéronautique pouvait leur apporter dans la lutte contre l’adversaire. D’ailleurs, au début de 1914, les essais des premiers hydravions étaient à peine terminés, et la France attendait encore une escadrille de Nieuport. Il s’écoula un certain temps avant que la marine fût admise à obtenir sa part dans les commandes adressées par l’Etat aux maisons de construction. Il faut arriver au mois d’avril 1916 pour rencontrer une organisation méthodique d’un réseau de défense des routes maritimes le long des côtes de l’Angleterre, de la France, de l’Algérie, du Maroc et de la Grèce, réseau qui se développe tous les jours. Dès le printemps de 1917, les sous-marins gênés dans leurs croisières sont refoulés loin des côtes : c’est que plus de cent attaques de sous-marins ennemis par les seuls avions français ont eu lieu. Il n’est pas possible d’avoir des renseignements précis sur les résultats de ces attaques qui, dans tous les cas, aboutissent à une disparition rapide des sous-marins, mais il est probable qu’un grand nombre d’entre eux ont été avariés et coulés par les bombes dont les atteintes au but ont été maintes fois constatées.

Ces rencontres ne s’effectuent pas toujours sans risques pour les aviateurs, ainsi que le prouve l’aventure suivante. Dans la nuit du 17 au 18 mai, un des centres d’aviation maritimes d’Algérie recevait les appels d’un convoi attaqué par un sous-marin. Malgré de très violentes averses, deux hydravions se mirent en route. Ils aperçurent le sous-marin en surface. Aussitôt, ils engagèrent le combat. Les hydravions se trouvaient heureusement masqués par des nuages et sous le vent du sous-marin qui ne s’aperçut que trop tard de leur approche et n’eut pas le temps de plonger complètement : déjà l’appareil monté par le chef de section se précipitait à l’attaque,