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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/592

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françaises et britanniques. La mission de M. Baker comportait une visite au quartier général de l’armée italienne, afin que tous nos alliés eussent la satisfaction de recueillir directement les témoignages et les preuves de l’amitié américaine. Cette visite eut lieu dans les premiers jours d’avril 1918. Le secrétaire d’État, accompagné de l’ambassadeur Page, eut des entrevues avec le général Diaz, commandant en chef, et le duc d’Aoste, commandant la 3e armée. L’amiral Marzola le reçut à son bord et lui montra l’organisation des défenses maritimes de Venise, alors menacée par l’avance des Autrichiens. A Rome, M. Baker vit M. Orlando, président du conseil des ministres, le général Zupelli, ministre de la Guerre, M. Nitti, ministre des Finances. L’envoi d’un contingent américain sur le front italien a prouvé que, là-bas, comme sur le front des Vosges, de-Champagne, de Picardie, d’Artois et de Flandre, on peut compter sur la coopération efficace de nos alliés d’outre-mer.


III. — A TRAVERS UNE BASE AMÉRICAINE

Les soldats américains ont reçu plusieurs fois la visite de quelques-uns de leurs plus distingués compatriotes, qui sont retournés ensuite au pays natal, afin de porter là-bas le témoignage de la satisfaction qu’ils avaient éprouvée, en voyant, sous le drapeau étoile, une élite de combattants, entourés, soutenus par un monde de travailleurs. Tel le major général Edward F. Glenn, actuellement chargé du commandement de la 83e division au camp de Sherman (Ohio) : après une tournée d’inspection aux tranchées du front de France, il se déclarait « profondément ému » par l’état matériel de l’armée et par le « splendide esprit » que le soldat américain partage avec ses camarades britanniques et français. A son tour, le major général J. Franklin Bell, un ancien combattant des Philippines et de Cuba, commandant la 77e division au camp d’Upton, faisait, devant le comité sénatorial des affaires militaires, à la séance du 29 mars de cette année, un très intéressant rapport sur son voyage en France. Même impression pour le Français qui voit l’armée américaine en ses bases de débarquement ou de concentration, dans ses camps d’entraînement ou dans ses cantonnements du front : tout de suite lui apparaît cette coordination d’efforts d’où résulte, pour le meilleur fonctionnement de tous