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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/591

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nombre des soldats américains débarqués en France avait déjà dépassé de beaucoup le premier million. M. Newton D. Baker, secrétaire d’État de la Guerre, ajouta que, sur ces centaines de milliers d’hommes, la proportion des combattants était de 65 à 70 pour 100, ce qui donnait alors un effectif de 612 000 combattants, défalcation faite des éléments employés dans des services d’arrière où nos alliés d’Amérique ont résolu d’ailleurs d’utiliser, le plus possible, les femmes de bonne volonté qui, chez eux comme chez nos alliés de la Grande-Bretagne, proposent leurs services. C’est ainsi qu’on vit arriver à Paris, le 29 mars 1918, une équipe de ces jeunes filles téléphonistes qui sont reconnaissables aux couleurs de leur uniforme d’ordonnance, et qui sont attachées soit aux bureaux du Grand Quartier Général, soit aux diverses sections du Signal Corps, chargé du fonctionnement de tous les systèmes de communication dans l’armée américaine.

Le secrétaire d’Etat Baker était à Paris le 28 mars 1918. A ce moment, la situation était critique. L’offensive du 21 mars, déclenchée sur les troupes britanniques, stimula le zèle de nos alliés d’Amérique. C’est alors que le général Pershing, d’accord avec le gouvernement des Etats-Unis, dans un geste chevaleresque, mettait à la disposition du commandement français toutes les forces américaines : « L’infanterie, l’artillerie, l’aviation, tout ce que nous avons est à vous. Disposez-en comme il vous plaira. » Et il sollicitait pour elles l’honneur d’être engagées dans « la plus belle bataille de l’Histoire. » Eu apprenant la décision du conseil de guerre interallié de Versailles, qui désignait le général Foch pour le commandement en chef des forces alliées, le président Wilson avait adressé au nouveau généralissime un télégramme d’affectueuses félicitations. Le général Pershing fît savoir à Washington que toutes les forces du corps expéditionnaire américain étaient mises par son ordre à l’entière disposition du commandement supérieur. M. Baker, présent à Paris, déclara : J’ai visité toutes les troupes américaines en France. J’ai vu l’enthousiasme avec lequel officiers et soldats ont reçu l’annonce de leur intervention dans la présente bataille. Un régiment, entre autres, a répondu à cette nouvelle par des applaudissements. »

C’est ainsi que, sur le front de Picardie notamment, les troupes américaines furent d’abord embrigadées avec les troupes