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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/584

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Sous le drapeau étoilé


A travers la nuit, notre Drapeau est toujours là.
Oh ! dites, cette bannière scintillante d’étoiles.
Ne flotte-t-elle pas toujours
Sur la terre des hommes libres
Et sur le foyer des braves ?
(Chant national des Américains.)


I. — LES PRÉCURSEURS

Paris a vu défiler dans ses rues et sur ses places publiques, au soleil de cette radieuse journée du 4 juillet 1917, anniversaire de l’Indépendance des Etats-Unis, l’avant-garde des troupes américaines qui venaient de débarquer, le 27 juin, dans un de nos ports de l’Atlantique. Cette avant-garde, acclamée sur tout son parcours, saluée par le geste fraternel des Parisiens, joyeux de renouveler une alliance déjà ancienne de près d’un siècle, entrait dans la voie de l’honneur et du péril, précédée par une légion de héros américains, déjà marqués, sur le champ de bataille, par les signes glorieux du sacrifice et du martyre.

Combien étaient déjà tombés, face à l’ennemi, parmi les précurseurs de la grande initiative d’outre-mer, parmi les volontaires américains qui, au nombre de plusieurs milliers, dès le commencement de la guerre, s’étaient enrôlés sous les drapeaux de la France et de l’Angleterre, sollicitant le privilège de combattre au premier rang pour la civilisation contre la barbarie ! On compte qu’en 1914 ils étaient déjà plus de vingt mille, disséminés dans l’armée française et dans l’armée britannique, appelant de leurs vœux ardents l’heure historique où l’on verrait enfin le drapeau de leur nation resplendir sous le ciel et flotter, tout frissonnant d’étoiles, au-dessus des rangs