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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/469

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ils auront bien mérité de la France et aussi de l’humanité, — car tout ce qu’on fait pour ce pays, l’humanité en a l’usufruit, — le jour où grâce à eux personne ne pourra plus dire que la France, patrie des bactériologistes, est aussi celle des bactéries.

En plein accord avec les autorités, la Commission présidée par le docteur Farrand a décidé d’établir tout d’abord deux centres de démonstration, l’un dans une grande ville où le problème de la congestion et de la misère serait nettement posé, l’autre dans une partie de la campagne française qui correspondrait bien aux conditions moyennes de nos provinces. Après une étude approfondie, le 19e arrondissement de Paris a été choisi pour la démonstration urbaine et le département d’Eure-et-Loir pour l’expérience rurale. Dans ces deux régions, la Commission a établi un système de dispensaires avec nurses, visites qui ont commencé à opérer aussi rapidement que possible.

Une des plus sérieuses difficultés rencontrées par la Commission dans son plan d’ensemble pour le pays est le manque des nurses visiteuses nécessaires à l’œuvre. Cette pénurie, qui a toujours existé chez nous, a été rendue plus aiguë que jamais par les besoins de la guerre qui ont attiré dans les hôpitaux militaires toutes les nurses pratiquement disponibles.

Afin d’accroître le nombre de ces nurses que le docteur Farrand appelle des « visiteuses d’hygiène, » — suivant une expression qui mérite de se répandre chez nous, comme ce qu’elle représente, — la Commission est entrée en rapport avec certaines écoles de Paris, Lyon et Bordeaux, pour donner des cours spéciaux d’une durée de dix mois à des jeunes femmes qualifiées, à la fin desquels elles acquièrent ce titre de visiteuses d’hygiène, et sont considérées comme aptes à travailler pour les dispensaires tuberculeux.

En outre, la Commission, d’accord avec le bureau de la tuberculose de la Croix-Rouge américaine, travaille en coopération constante avec notre Comité national d’assistance aux anciens militaires tuberculeux et avec divers comités départementaux pour activer l’établissement des dispensaires dans toutes les parties de la France.

Mais ce qui caractérise surtout la commission Farrand, ce sont les méthodes si originales et si efficaces par lesquelles elle répand dans le public les notions hygiéno-diététiques indispensables. Deux automobiles spécialement équipées et que j’appellerais, si j’osais, des auto-camions-dispensaires, munies abondamment de cartes, de