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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/467

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aussi et c’est ainsi qu’est née l’œuvre de la « Commission américaine de préservation contre la tuberculose en France. »

J’ai eu l’honneur d’avoir un entretien avec le docteur Livingston Farrand qui préside et dirige chez nous cette noble croisade. Je voudrais tâcher de faire partager à mes lecteurs l’impression suggestive et réconfortante que m’a laissée ma conversation avec ce savant éminent que l’on sent plein de tendresse pour notre France et qui, comme tous les hommes de haute valeur que les États-Unis mettent à la tête de leurs Universités (il est président de l’Université du Colorado), allie l’esprit de finesse le plus délié, l’idéalisme le plus pur, a ce sens net et direct des réalités qui a fait l’Amérique.

C’est en février 1917 que la Fondation Rockefeller eut l’idée de cette croisade et que le Dr Hermann B. Siggs de New-York fut envoyé par elle en mission pour faire une étude préliminaire sur la situation en France au point de vue de la tuberculose.

Dans son rapport fait au printemps 1917 (comme on voit par ces rapprochements de date qu’on est en Amérique ! ) le Dr Siggs suggérait l’envoi en France d’une deuxième commission afin de préparer un plan compréhensif de coopération entre la Fondation Rockefeller et éventuellement d’autres organismes américains et le peuple et le gouvernement français.

Après une étude complète de la question, une commission non plus d’étude, mais de réalisation, si j’ose dire, fut organisée et arriva à pied d’œuvre en France en juillet 1917. C’est la commission que préside avec tant d’autorité le Dr Livingston Farrand entouré d’un petit état-major éminent de grands médecins et d’hommes d’action, et dont je voudrais exposer brièvement le plan, les méthodes et les premiers résultats obtenus chez nous et qui sont hautement encourageants.

L’idée qui était à la base du plan de la commission était d’essayer l’application des méthodes antituberculeuses qui avaient fait leurs preuves aux États-Unis, aux conditions particulières de la France ; de modifier ces méthodes autant qu’il pourrait être nécessaire pour les rendre effectives et finalement de coopérer avec les autorités françaises pour établir à travers la France une organisation suffisante pour combattre victorieusement la tuberculose.

Il s’est trouvé heureusement qu’il n’existe pas de grandes différences entre les vues des autorités françaises et américaines relativement aux principes de la lutte contre la tuberculose : les points sur lesquels on a délibéré sont plutôt des points de détail que des prin-