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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/433

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réaliser l’écrasement simultané des trois positions en un seul bombardement.

Que fût-il advenu de cette offensive si elle avait été poussée jusqu’au bout, nous n’avons pas à le rechercher : ce qui importe seulement à notre dessein, c’est de constater qu’on trouve ici la première tentative pour tirer profit du facteur surprise, en ce sens que nous étions en mesure d’attaquer l’ennemi un mois à peine après son repli, alors qu’il croyait avoir retardé de plusieurs mois, sinon totalement arrêté, notre campagne de 1917.

Ce qui atteste en outre le progrès fait dans la recherche de la percée, c’est que deux armées, prêtes à élargir la brèche et à l’exploiter, attendaient leur entrée enjeu immédiate, munies de batteries attelées et de leurs ravitaillements.


LA DÉFENSE ÉLASTIQUE ET LA CONTRE-ATTAQUE DE PROFONDEUR

L’offensive de la Somme avait servi de leçon aux Allemands. Sur le vœu du Prince royal de Bavière, le général von Below, dès la fin de 1916, avait rédigé tout un ensemble d’instructions à l’usage des états-majors et des cadres, fruit des enseignements de cette bataille.

Dans cet exposé, von Below recherche quelles faiblesses et quelles insuffisances du côté allemand ont permis aux Alliés de remporter des succès. Il préconise toute une refonte du commandement en vue de la bataille défensive. Permanence des états-majors dans les divers secteurs, limites de leur action, emplacement des quartiers généraux, augmentation du nombre des officiers d’état-major et répartition de leur tâche, liaison entre les diverses armes, armement et instruction des troupes, mécanisme des relèves, organisation défensive, principes du combat, rien n’est laissé dans l’ombre.

A la puissance de plus en plus grande de notre pouvoir de choc nos ennemis répondent par un renforcement de la cuirasse. Les positions s’élargissent et offrent chacune plusieurs étapes de résistance soigneusement graduées. Ce n’est plus un ensemble de quelques lignes parallèles placées les unes derrière les autres, mais une large zone avec un système de tranchées très échelonnées en profondeur, dont chaque élément, muni de défenses accessoires, flanqué de mitrailleuses bien protégées,