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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/417

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porteurs-remorqueurs), dont 124 sur la Basse-Seine. Enfin, l’outillage de la voie fluviale est à peu près inexistant et les raccordements de ports fluviaux avec la voie ferrée exceptionnels (80 sur 600).

L’expérience de la guerre a montré, ici comme pour la flotte maritime, les ports ou les chemins de fer, qu’il est possible, sans travaux extraordinaires, de réaliser, avec des engins de transport existants, un trafic très accru. L’expérience a pu surtout être faite sur la Seine, qui était déjà notre seule voie fluviale bien organisée. Le tonnage des marchandises remontées du Havre ou de Rouen sur Conflans a passé de 3,5 millions de tonnes en 1913 à 6,2 en 1910 et 6,36 en 1917. Il a suffi, pour cela, de se procurer un certain nombre de bateaux et de remorqueurs supplémentaires, d’accélérer la rotation des bateaux, d’instituer un tour d’affrètement, d’abord pour les charbons, puis pour tous les transports.

Nous ne pouvons songer à dresser ici un programme de travaux, ni surtout exprimer une opinion ferme sur toute une série de projets, parfois très vastes, dont chacun demanderait une étude et une discussion approfondies. Je crois néanmoins utile de faire connaître certains désirs qui ont été exprimés avec une insistance particulière et sur lesquels l’opinion publique peut être appelée à se prononcer. Ils se groupent de la manière suivante : amélioration de nos fleuves ; constitution d’un réseau de grande navigation dans le Nord-Est pour desservir par péniches de 600 tonnes nos régions industrielles du Nord et de Lorraine et se raccorder avec l’Alsace ; enfin, canaux divers dans le Centre ou le Sud-Ouest.

Sur la Seine, on a déjà obtenu, jusqu’à Rouen, les résultats mentionnés plus haut. Nous avons dit également quelle importance croissante prenait le port de Paris. Il reste, sur ce fleuve, à rectifier des courbes, à obtenir une profondeur de 4 m. 50 pour permettre aux chalands de 2 000 tonnes de remonter jusqu’aux abords de Paris (Port à l’Anglais), à augmenter enfin le tirant d’eau sous certains ponts. Quelques-uns de ces travaux réduiront, en même temps, le danger d’inondation. Indépendamment de telles améliorations, analogues à celles auxquelles on procède sans cesse, les imaginations se sont donné carrière, depuis plus d’un siècle, sur le projet de « Paris-Port de Mer. » En dehors de toute autre considération, il est nécessaire de remarquer que les dimensions croissantes