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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/408

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la guerre, il devenait urgent de remédier. Nos gares sont mesquines, nos grandes lignes encombrées et notre matériel roulant insuffisant. Enfin, des problèmes nouveaux vont être à envisager : réfection de noire réseau du Nord ; raccordement avec l’Alsace-Lorraine ; communications avec nos voies fluviales ; tunnel sous la Manche, etc.

Si l’on se borne à examiner sur une carte le réseau des chemins de fer français, ce réseau parait à peu près achevé, quoiqu’il existât encore, en 1914, un programme d’un milliard pour lignes nouvelles à construire. Il a pu même sembler que certaines lignes récentes n’étaient pas d’une urgence absolue. A part quelques exceptions locales, les communications entre les divers points du territoire sont suffisamment assurées en théorie par un système de rails continus. En pratique, il n’en est pas tout à fait de même et notre réseau offre un vice capital que chacun connaît : la nécessité de passer par Paris pour aller un peu rapidement d’un point à un autre dans toute la région située au Nord du Plateau Central et l’engorgement de toutes les grandes lignes atteignant son paroxysme aux approches de Paris. Ce défaut ne date pas de la guerre, qui va, au contraire, y remédier un peu : les crises de 1906 et 1913 l’avaient déjà suffisamment mis en évidence. L’agencement défectueux de la Grande Ceinture et ses traversées à niveau sur certaines lignes partant de Paris viennent encore aggraver le mal, avec une acuité que soulignent les besoins militaires. Autour des autres grandes villes, les réseaux de ceinture sont également imparfaits.

En ce qui concerne les communications transversales, il a été effectué quelques tentatives restreintes, comme le Bordeaux-Lyon, ou le Bordeaux-Nice, les lignes améliorées de Bordeaux à Cosne et Saint-Florentin ou de Saint-Nazaire à Is-sur-Tille. Elles restent insuffisantes pour attirer vers nos ports de l’Atlantique une clientèle américaine à destination de l’Europe centrale. Il nous manque une ligne rapide Océan-Lyon-Suisse, que les uns ont baptisée d’avance : Bordeaux-Odessa, tandis que les autres réclament pour la Pallice.

Sur les grandes lignes à circulation intensive, les doublements, les quadruplements de voie exécutés sont encore bien loin de remédier à l’engorgement. En remettre la construction parce qu’on peut a la rigueur se tirer d’affaire momentanément