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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/38

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La bataille de Guise Saint-Quentin (28-30 août 1914)


I

La bataille de Guise Saint-Quentin, livrée les 28, 29 et 30 août 1914, a été comme le prélude ou l’ouverture de la bataille de la Marne : elle l’annonça et parut, un instant, en présenter l’idée et le dessein. L’émotion ne dura pas ; les notes qui avaient vibré s’assourdirent. Mais, une semaine ne s’était pas écoulée que le drame reprenait et s’achevait par la victoire.

On ne sait guère, de cette bataille, que ce qu’en apprit au public le communiqué du 31 août, 11 heures. A propos de l’ensemble des Opérations dans le Nord, une phrase était glissée incidemment : «… Cependant, une bataille générale a été engagée avant-hier dans la région Ham-Péronne ; cette bataille a été marquée, pour nous, par un succès important sur notre droite où nous avons rejeté la Garde prussienne et le Xe corps dans l’Oise… »

Les mots « sur notre droite » et le mot « l’Oise » désignaient, — un peu vaguement, — la région Guise Saint-Quentin ; les mots « Ham » et « Péronne » révélaient une pensée du grand État-major désireux de signaler à l’opinion qu’il manœuvrait sur le flanc des armées ennemies. En effet, le jour même où il attaquait l’armée Bülow à Guise Saint-Quentin, Joffre jetait l’armée Maunoury, nouvellement créée, au-devant de l’armée von Klück sur la Somme, à Proyart : et c’était, certainement,