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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/316

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Mérimée, et de 200 francs pour la Revue. Je vous enverrai, au commencement de la semaine prochaine, 2 300 francs par l’intermédiaire de M. de Freddani [1]que vous connaissez. Veuillez vous charger d’acquitter l’amende de M. Mérimée en même temps que celle de la Revue, en disant à M, Mérimée que c’est la Revue qui doit payer tout cela, et que vous vous en chargez. Vous m’obligerez beaucoup en ne disant pas à M. Mérimée que je vous ai envoyé cet argent ; en tout cas, veuillez lui dire que c’est la Revue qui est condamnée, qu’on ne peut pas scinder votre affaire de la sienne, et que l’amende est unique, quoique divisée en deux parties. Enfin je compte sur vous et sur votre amitié pour arranger cette affaire de la manière la plus convenable.

«…Si M. Mérimée entendait parler de moi, qu’il comprenne bien que je ne fais que remplir un devoir rigoureux. Je remplis un devoir à l’égard de M. Mérimée et de la Revue, et j’espère que vous ne verrez, ni l’un ni l’autre, dans ma conduite, que l’exécution d’un devoir rigoureux.

« S’il y a d’autres frais de justice, etc. veuillez je vous prie me les faire connaître.

« G. LIBRI [2]. »


Après avoir refusé de faire appel du jugement du Tribunal, F. Buloz se ravisa-t-il ? Voulut-il reprendre les débats ? Mérimée lui écrivit, le 28 mai [3] :


« Mon cher monsieur Buloz,

« Restons, je vous en prie, chacun avec nos horions ; vous n’avez pas voulu, je ne veux plus, n’en parlons plus.

« Tous les gens de palais que je vois, me disent que des substituts, et autres chats fourrés, trouvent que la justice a été indulgente. Je suis convaincu qu’il y a plus à risquer à un appel qu’à gagner. Cependant voyez, moi je me tiens pour content. Peut-être que vous présentant seul pour l’appel, les juges prendront en considération la position particulière où vous met la loi nouvelle.

« Mille amitiés et compliments,

« P. MERIMEE. »

  1. « Le baron Freddani et l’abbé Gioberti avaient été tous deux investis d’une mission diplomatique auprès du Gouvernement français. » (Lacroix.)
  2. Inédite.
  3. 1852, inédite.