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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/314

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produit par cet article. Il y a deux jours que le duc d’Aumale en parlait à un de mes amis, comme d’une chose qui renversait toute l’accusation. Je vous ai déjà dit l’effet que cet article produisait au British Museum. Nous attendons avec impatience le tirage à part, et M. Panizzi veut le faire traduire en italien et en allemand.

« Je suis encore plus touché, si c’est possible, de l’intérêt que vous me témoignez dans vos lettres (j’en ai reçu trois depuis le 15), que du service immense que vous m’avez rendu. Veuillez remercier aussi Mme Buloz de notre part.

« Mille choses pour M. Mérimée, mille et mille remerciements pour tous les deux, bien vifs et bien sincères.

« G. LIBRI. »


On sait que Mérimée, pour avoir défendu Libri, et la Revue pour avoir publié l’article de Mérimée, furent poursuivis. Le condamné, apprenant les nouveaux ennuis qu’il faisait fondre sur la Revue, écrit encore à F. Buloz, le 28 avril :

«… Je ne saurais vous dire combien je suis douloureusement affecté par la nouvelle que vous me donnez. Celle persécution que vous vous êtes attirée par votre amitié pour moi, par votre courage, et par votre amour de la vérité et de la justice, retombe de tout son poids sur mon cœur ; j’espère que vous saurez repousser une injuste poursuite, je n’en suis pas moins rempli d’amertume pour les chagrins que l’on vous donne.

« Faites, je vous prie, tout ce que vous croirez utile à la Revue, et ne pensez qu’à vous. Dites-moi si je puis faire quelque chose qui vous soit utile, et disposez de moi, dans tout ce que je puis [1]… »

Le 24 mai, autre lettre de Libri :

«… Nous attendons avec une vraie anxiété jeudi prochain, pour avoir des nouvelles de ce qui se sera passé mercredi au Palais. J’ai déjà écrit à Paris pour savoir le résultat de cette nouvelle persécution, et je vous serais très reconnaissant si vous pouviez me rassurer par un mot, après mercredi. »

Car mercredi, le jugement sera prononcé ; mais ce jugement, c’est la condamnation de Mérimée à 1 000 francs d’amende et 15 jours de prison, celle de la Revue à 200 francs d’amende.

  1. Inédite.