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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/304

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François Buloz et ses amis


VII. PROSPER MÉRIMÉE. — VICTOR COUSIN. — HENRI HEINE [1]


Rue des Beaux-Arts, au-dessus de la Revue et de l’appartement du directeur, habitaient, de 1844 à 1846, Mérimée et sa mère. Les visites de Mme Buloz à Mme Mérimée étaient fréquentes, la jeune femme venait en voisine, accompagnée de sa fille, et les deux dames parlaient de « Prosper. »

Quoiqu’il eût à cette époque quarante-trois ans, Mérimée était demeuré le même Mérimée que Delécluze recevait naguère, dans sa petite chambre du cinquième étage, avec Viollet-le-Duc, Ampère et Duvergier de Hauranne : « Mérimée avait les traits fortement caractérisés ; son regard, furtif et pénétrant, attirait d’autant plus l’attention que le jeune écrivain, au lieu d’avoir le laisser aller et cette hilarité confiante propres à son âge, aussi sobre de mouvements que de paroles, ne laissait guère pénétrer sa pensée que par l’expression fréquemment ironique de son regard et de ses lèvres. » « Prosper Mérimée, disait plus simplement ma mère, avait absolument les traits de la statue de César, aux pieds de laquelle nous jouions aux Tuileries, lorsque nous étions enfants. » Cette statue, adossée aux

  1. Voyez la Revue des 15 février, 15 avril, 15 mai, 15 juin, ler juillet, 1er août.