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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/286

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où le 1er corps débouche sur le champ de bataille. Sur la cote 122, on voit le général Franchet d’Esperey qui prend en main la direction du combat. Il place lui-même l’artillerie de la 20e division. Cette artillerie tonne sur les colonnes ennemies qui grimpent aux pentes, et les arrête net.

A midi, la situation tend à se transformer. L’ennemi est contenu partout. L’heure de la contre-attaque va sonner…

Mais voici que l’espoir entrevu échappe encore. A droite de la 39e et de la 38e brigade, la 37e combattait sur les pentes qui rejoignent la rivière vers Le Sourd, Wiège-Faty et Marly-Proisy-Malzy. Le 71e et le 48e composent la brigade. Violents combats à la cote 169 qui sépare Le Sourd de Lemé. De ce côté, l’artillerie lourde allemande, qui tire des hauteurs de Wiège-Faly (ferme Martin, au-dessus de la ferme du Sourd), accable ces formations de projectiles. Vers dix heures, le 71e réussit à franchir la crête 169, entre dans Le Sourd et en chasse l’ennemi à la baïonnette. Obligé de l’évacuer, il tient, à midi, en avant de Lemé, se replie dans Lemé, défend le village maison à maison et, finalement, très éprouvé, ayant perdu la majorité de ses officiers, retraite en désordre sur Marle, entraînant dans son mouvement le 48e. Le général Bonnier, commandant la 19e division, est blessé par un éclat d’obus (vers quatorze heures) et évacué.

Le général commandant la 38e brigade prend la direction de la ligne de feu sur la crête. Avec les réserves qu’on lui envoie, il organise solidement, à sa droite, la défense de Lemé, les Bouleaux, Chevennes, autour du carrefour de Sains-Richaumont. L’ennemi qui, venant de Voulpaix, avait esquissé un mouvement d’enveloppement à notre droite, est arrêté, enfin, de ce côté.


La bataille se prolongeait ainsi, plus à droite encore, jusqu’à Vervins. Toute la route transversale au plateau était en feu.

Tandis que le 1er corps se prépare à intervenir au centre, la 4e division de cavalerie et la 51e division de réserve résistent autour de Vervins. De ce côté, c’est-à-dire à son extrême-gauche, l’ennemi a franchi l’Oise ; il débouche d’Étréaupont-Autreppes pour tenter son mouvement tournant par Haution vers la Vallée-aux-Bleds-Voulpaix. Mais la brigade de cuirassiers lui tombe sur le dos vers Voulpaix-Féronval, la brigade