Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/282

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


en raison de la nature du terrain, pris une position extrêmement forte. Ce fut, pour l’armée française, une entrave dont nous avons vu les suites dans la bataille pour Saint-Quentin et nous allons les retrouver, maintenant, dans la bataille pour Guise.

Dès l’aube, le général Lanrezac s’est aperçu qu’il n’est plus entièrement maître de ses mouvements : tandis qu’il attaque sur Saint-Quentin, il est attaqué à la fois à Guise, à l’Ouest de Guise et à l’Est de Guise. Son attention est, nécessairement, retenue de ce côté.

Les deux corps allemands qui tentent ainsi de déplacer la croix de l’X sont répartis, à leur arrivée, sur toute la ligne de l’Oise : à droite, le Xe corps (Macquigny-Guise-Flavigny), à gauche, la Garde (de Flavigny à Montceau-sur-Oise, Marly, Etréaupont). Grâce à sa tête de pont de Guise, l’ennemi, prenant l’initiative, attaque de front à partir des premières heures du jour.

Mais, au débouché de la rivière, il se heurte, d’un bout à l’autre du champ de bataille, aux plateaux du Marlois.


Ces plateaux forment une sorte de citadelle, un quadrilatère parfaitement délimité par la nature. L’ensemble du plateau est, en moyenne, à la cote 100-130. Son sol est composé, en général, de la craie mêlée à l’humus, qui forme le riche tapis de culture de ces admirables plaines agricoles. Passé l’Oise, peu d’eaux courantes : des mares (Le Mé, Marfontaine) ; des bois de peu d’importance (bois de Clanlieu, bois de Puisieux, bois de Marfontaine, bois de la Cailleuse), garnissant, par place, la crête centrale ; et, surtout, de quelque côté qu’on se tourne, des champs, des champs à perte de vue, des champs fertiles, couverts de récoltes sur pied ou « en moyettes », à cette date du 29 août. En somme, un champ de bataille incomparable : une immense terrasse aux larges horizons, aux vastes ondulations se rejoignant par des plis de terrain où s’abritent les agglomérations rurales : villages, hameaux, rues, fermes isolées, se nommant, selon qu’ils occupent les fonds, avoisinent les bois ou couronnent les sommets : la Vallée-aux-Bleds, les Préaux, les Bouleaux, la Désolation, etc.

Nous avons montré la pointe de l’angle que forme l’armée française à l’extrémité de la terrasse vers l’Ouest. Elle est prise