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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/280

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un vote favorable au sujet de la pétition qui avait été appuyée par une requête spéciale de Pierre Ochs, chancelier de Bâle, frère de Mme de Dietrich. Les enfants du maire de Strasbourg purent, non sans peine, rassembler les débris d’une fortune qui avait été considérable. Mais ils préféraient à la richesse la satisfaction d’avoir prouvé que jamais leur père n’avait fui pour dérober sa tête au fer de lâches assassins, ni participé à des complots contre la France.

Cette justice était rendue tardivement, il est vrai, mais, pour toute âme éprise de vérité et d’équité, Frédéric de Dietrich est et demeure, comme tant d’autres Français de cette lamentable époque, une victime digne de la plus touchante pitié, car il poussa le courage jusqu’à l’héroïsme et le sentiment du devoir et de l’honneur jusqu’au sublime. Qui donc oublierait cette dernière recommandation de son testament, suffisante à elle seule pour immortaliser sa mémoire : « Que ma patrie jouisse bientôt, à l’abri d’une sage Constitution, de toute la félicité qu’on doit attendre des principes d’égalité, sainement appliqués, et d’une liberté sans licence !… Tels sont les derniers souhaits d’un homme qu’on sacrifie comme traître et rebelle à la France ! »


HENRI WELSCHINGER.