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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/233

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




« On sent qu’une pensée circule, une seule pensée dont l’unité articule la diversité de l’action... On a l’impression que la guerre est conduite. » Ce qui apparaissait ainsi dans la seconde bataille de la Marne s’affirme avec éclat dans la nouvelle bataille de la Somme, de l’Avre et de l’Oise. A peine les dernières vagues de l’assaut mené par les armées Mangin, Dégoutte et Berthelot étaient-elles venues mourir (si l’on pouvait dire qu’elles fussent mortes) au pied des hauteurs qui dominent la vallée de la Vesle, que le flot reprenait de la vigueur dans la région au Sud-Est d’Amiens. La quatrième armée britannique, aux ordres directs du général Rawlinson, et la première armée française, aux ordres du général Debeney, toutes les deux sous le commandement supérieur du feld-maréchal sir Douglas Haig et le commandement suprême du général Foch, s’y unissaient en un fraternel effort. L’attaque fut lancée le 8 août au matin. Le temps était favorable; la préparation d’artillerie fut très courte, violente en conséquence; la surprise de l’ennemi, complète, comme mille anecdotes l’ont montré; les tanks et l’infanterie, derrière eux, tirent leur chemin et leur besogne; du premier coup, nous gagnâmes, aux points de la plus profonde avance, une douzaine de kilomètres, enlevant des canons et du matériel, ramenant des prisonniers par brassées. Depuis lors, de jour en jour et de communiqué en communiqué, nos progrès ont été constants, plus faciles et plus larges à notre centre et à notre droite, plus disputés sur la gauche.

Dès le 10, était intervenue une nouvelle action, qui devait produire « l’événement. » La troisième armée française, général Humbert, enveloppait, par le Sud et par l’Est, Montdidier, déjà menacé par l’Ouest, et que les Allemands abandonnaient en toute hâte. Entre Lassigny et Compiègne, elle faisait le siège du massif boisé de