Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 47.djvu/203

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fin, dont les conséquentes sur le commerce et l’industrie, partant sur le bien-être général, sont incalculables. Mais quand on se parlera d’un bout du monde à l’autre, à mesure que l’on se déplacera et que l’on s’enverra, très vite et presque pour rien, des idées et des marchandises, le monde paraîtra de plus en plus petit. L’homme circonscrit en des limites jadis reculées et qui, d’indéfiniment lointaines qu’elles étaient, lui deviendront toutes proches, l’homme, voyant partout des bornes, se sentira prisonnier de la terre.

Il percevra l’exiguïté de sa planète ; il en sera stupéfait, puis désolé et peut-être inconsolable. La cage sera la même mais les barreaux seront plus visibles. Animal encagé, il tournera sans trêve autour de son globe rétréci, comme un écureuil sur sa roue. « Il n’y a plus de distance, disait triomphalement le temps présent. — Hélas ! dira peut-être piteusement le temps futur, il n’y a plus de distance ! » Et comment faire, après avoir créé de tout, pour créer de la distance, pour allonger l’espace ?


GEORGES D’AVENEL.