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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 44.djvu/958

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un fait d’une importance capitale. « En vue de faire face à la situation actuelle, dit la note officielle qui le relate, ou le met au point, les gouvernemens britannique et français, d’accord avec les hauts commandemens, ont confié au général Foch la charge de coordonner l’action des troupes alliées sur le front Ouest. » Un autre fait, non moins important, avait suivi de peu et probablement, dans une certaine mesure, confirmé celui-là. Le jeudi 28, le général Pershing s’est présenté au général Foch et lui a déclaré : « Je viens pour vous dire que le peuple américain tiendrait à grand honneur que nos troupes fussent engagées dans la présente bataille. Je vous le demande en mon nom et au sien. Il n’y a pas en ce moment d’autre question que de combattre. L’infanterie, l’artillerie, l’aviation, tout ce que nous avons est à vous. Disposez-en comme il vous plaira. Il viendra encore d’autres forces, aussi nombreuses qu’il sera nécessaire. Je suis venu tout exprès pour vous dire que le peuple américain sera fier d’être engagé dans la plus grande et la plus belle bataille de l’histoire. » Par télégramme, le général Pershing avisait son gouvernement d’une démarche qui semble bien avoir été toute spontanée; mais ils étaient dans une si intime communion de pensée que M. Baker, secrétaire d’État à la Guerre, proclamait aussitôt : « Je suis enchanté de la décision prompte et effective prise par le général Pershing, plaçant toutes les troupes américaines à la disposition des AlUés. » Et le Président Wilson ne tardait pas à mander de Washington au général Foch : « Puis- je me permettre de vous adresser mes sincères féhcitations pour votre nouveau commandement? Une telle unité de commandement constitue un des plus beaux augures de notre succès final. » D’Italie enfin, quoique la mission du général Foch, en vue de coordonner les forces alhées sur le front Ouest, he lui ait été, aux termes de la note, confiée que par les gouvernemens britannique et français, M. Orlando s’est empressé d’écrire, dans un stjle particulièrement chaud : « Vous qui connaissez l’estime, l’admiration et l’affection que j’éprouve pour vos grandes qualités d’homme et de soldat, vous comprenez avec quelle satisfaction j’ai appris la nouvelle de la tâche qui vous a été confiée. Cette tâche est suprême, vous en êtes parfaitement digne. » Le maréchal Sir Douglas Haig, le général Pétain, ce qui va sans dire, et le général Diaz,ont apporté ou envoyé au général Foch la même adhésion joyeuse et cordiale. Voilà, au résumé, une excellente chose, excellemment faite. Voilà, dans la fonction nécessaire, l’homme le mieux désigné. Mais on devine que, fussent-elles excellentes, les choses ne se font pas