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Page:Revue des Deux Mondes - 1918 - tome 44.djvu/713

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




Sur terre, jusqu’au 21 imars, la guerre avait continué de piétiner. Çà et là quelques incursions dans les lignes, où l’on se faisait de part et d’autre une pincée de prisonniers, quelques petites attaques, avec émission de gaz asphyxians, des sondages, des taquineries. Et toujours les canonnades ordinaires, qui tout à coup s’accentuaient et dépassaient les proportions convenues des tiri di molestia. On s’était tenu sur ses gardes, croyant qu’il allait en sortir autre chose que du bruit, et U n’en était rien sorti. Le lendemain, un calme relatif avait reparu. Le grande et longue et vaine attente avait recommencé. Sur mer, ou plutôt sous mer, la lutte enragée où l’Allemagne mit un moment tout son espoir aurait, selon les récentes déclarations de sir Eric Geddes, ministre de la Marine britannique, une tendance certaine à diminuer d’activité ou de capacité de nuire, en dehors même du fait que, par les constructions de plus en plus rapides, les pertes, se réparant de plus en plus vite, sont de moins en moins sensibles. C’est dans le ciel maintenant que les hommes portent de préférence leurs fureurs; c’est lui que les Allemands empHssent de leurs crimes, et c’est aussi par le chemin de l’air que le sang innocent devra retomber sur eux, et sur eux s’appesantir, sans pitié qui serait faiblesse, un châtiment qui ne sera que justice. Deux nuits de la première quinzaine de mars, le vendredi 8 et le lundi 11, leurs sinistres oiseaux sont revenus planer au-dessus de Paris, dont deux fleuves et tant de voies ferrées convergentes leur indiquent la route. La ’seconde agression a été la plus dure, après celle du 30 janvier; mais que le résultat en est mince, comparé à l’effort ! Et vaut-U vraiment qu’une nation se déshonore pour si peu de profit? Sans doute, voilà, ahgnés sur les dalles, les cadavres de deux ou trois douzaines de femmes et’d'enfans ; en comptant tout, de