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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/939

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Revue scientifique – La fièvre typhoïde et la guerre


VACCINS ET LIPO-VACCINS

En des pages célèbres, Joseph de Maistre a vanté jadis les vertus et les héroïsmes qui, comme des étincelles sous le sabot d’un cheval heurtant rudement le pavé prosaïque, jaillissent soudain dans les âmes amorphes quand se lève, frémissante, la guerre. On a beaucoup discuté pour et contre cette idée qui, comme presque toutes les idées, enferme assurément au moins une part de vérité.

Il me semble, quant à moi, que si un peu de bien peut sortir de l’excès de ce mal qu’est la guerre, c’est plutôt dans l’ordre scientifique.

C’est d’un de ces progrès, issus de la guerre elle-même, à cause d’elle, par elle, si j’ose dire, que je voudrais entretenir aujourd’hui mes lecteurs. Il ne s’agit point d’un de ces progrès de la technique, si nombreux et si étonnamment ingénieux, que le raffinement des machines à tuer a diaboliquement multipliés.

Il s’agit, au contraire, d’un perfectionnement important dans l’art, non de tuer, mais de guérir, non d’un nouveau marchepied pour la mort, mais d’une barrière contre elle. Je me propose de montrer comment les conditions toutes particulières que l’état de guerre a créées aux armées a amené des améliorations précieuses et destinées à survivre à la lutte dans le traitement de cette redoutable faucheuse qu’est la fièvre typhoïde, et comment finalement, grâce aux travaux d’un médecin de la marine, le docteur Le Moignic, et de ses collaborateurs,