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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/866

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Quand, le soir, la lune nette
La peinture d’argent clair,
Il fait, dans le calme éther,
Un bruit frais de castagnettes !
J’entends ce bruit d’arbre et d’eau
Qui s’obstine et se dépense
Comme si le monde immense
Et les vents qui montent haut
Recherchaient la confidence
De l’humble et faible coteau !

— O petite bosse verte
Que le soleil illumine,
Renflement des prés inertes,
Frère cadet des collines,
Coteau dont nul ne saurait
Le vif et pimpant secret,
Si mon œil, en qui tout chante,
N’avait posé sa folie,
Sa foi, sa mélancolie,
Sur ta mollesse penchante,
J’aime tes airs sérieux !
— Petit fragment sous les cieux
De l’univers qui tourmente,
Toi, fier des sources ailées,
De tes hautes roses menthes
Dont les tiges sont mêlées
A l’absinthe crêpelée,
Toi, laborieux autant
Qu’un moulin qui, tout le temps,
Fait mouvoir sa forte roue,
Toi qui travailles et joues,
Ne devrais-je pas aussi
Plier parfois mon souci
A des tâches coutumières ?
Mais, cher coteau, je ne puis !
Il faut à mon âme fière
Tout l’univers pour appui.
Non, je ne suis pas modeste,
Je n’ai pas d’humble devoir,