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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/837

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La flamme qui ne doit pas s’éteindre


COMMENT LA RANIMER ? [1]


I

Notre race est donc un champ de bataille où la mort et la vie se combattent. La mort a pris l’offensive et, dans la majorité des familles, marque sa victoire par la stérilité. La vie garde des places où elle est intacte et d’où elle peut regagner l’avance perdue. L’heure présente est la halte qui, dans l’équilibre des décès et des naissances, prépare la France à reprendre sa marche vers les anciennes victoires ou vers la défaite définitive. La France le sait. Son inquiétude est un premier progrès sur l’inertie comateuse qui dormait au péril. Mais croire que le craindre suffise à le guérir serait avoir seulement changé d’erreur, et préférer la fatigue de l’insomnie à l’immobilité de l’inconscience.

Cette anxiété a-t-elle été inspiratrice de remèdes nouveaux et efficaces ? Elle n’a que reconnu les sièges du mal. Elle a constaté que si la stérilité la moins excusable et la plus démoralisante par l’exemple est celle de la bourgeoisie, la plus funeste à l’existence nationale est celle du peuple, que le peuple des

  1. Voyez la Revue des 15 novembre et 1er décembre.