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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/832

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de se retirer en Suisse, les Puissances protectrices déclarent qu’elles n’y voient pas d’inconvénient.

Le capitaine de frégate Clergeau, notre attaché naval en Grèce, est chargé par le Haut Commissaire d’assister à l’embarquement du Roi et de l’escorter jusqu’à son arrivée dans un port italien. Il part pour Oropos avec les deux contre-torpilleurs d’escorte, le Protée et le Faulx. Le lieutenant de Cazotte, de notre mission navale, l’accompagne. Aussitôt arrivé, il se met en rapport avec M. Theotokis, maréchal de la Cour, chambellan de la Heine, et les colonels Sotiris et Manos, de la maison du Roi. La famille royale s’embarquera le lendemain 14 juin à onze heures du matin.

Deux heures avant, le commandant Clergeau règle avec l’amiral Damianos, commandant le yacht royal, tous les détails de la traversée. Il avait été décidé d’abord que le Roi ferait escale à Corfou et y attendrait d’être fixé sur sa destination. Mais cet arrêt est supprimé. Le roi se rendra directement dans un port italien, et de là il gagnera la Suisse. Le port choisi est Villa di San Giovanni, en face de Messine. Sur la demande de M. Zaïmis, le gouvernement allemand, par l’intermédiaire de l’ambassade d’Espagne à Paris, sera informé de la date du départ ainsi que de l’itinéraire, afin d’éviter les attaques des sous-marins.

A l’heure fixée, la famille royale arrive à Oropos. Une centaine de personnes de la haute société d’Athènes sont venues prendre congé du souverain. Constantin, la reine Sophie, le Diadoque, le prince Paul et les trois princesses Hélène, Irène et Catherine prennent place sur la chaloupe à vapeur qui les conduit à bord du Sphactérie. Le roi Alexandre, le prince Christophore accompagnent leur père jusqu’à bord. Le Spetse, un petit bateau grec, transporte les personnes de la suite et les bagages.

A midi vingt, les deux navires escortés des torpilleurs lèvent l’ancre. Ils traversent pendant la nuit le canal de Corinthe. Au petit jour, se lève une brise assez forte qui fait rouler le yacht royal. A midi, l’amiral grec informe par signaux le commandant Clergeau qu’il va relâcher dans l’île Oxia. Un aide de camp vient aussitôt informer le commandant que le Roi, pour éviter le roulis, désire remonter la côte, passer entre Corfou et la terre et gagner ensuite le cap Santa Maria di Luca, et le