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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/828

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Le 12 juin, à neuf heures du matin, M. Zaïmis, président du Conseil, remettait à M. Jonnart, Haut Commissaire des Puissances protectrices, la réponse officielle du gouvernement grec, acceptant dans le délai de vingt-quatre heures prévu toutes les demandes des Alliés. M. Jonnart profite aussitôt des dispositions conciliantes de M. Zaïmis pour régler avec lui la délicate question du débarquement de nos troupes au Pirée. L’abdication de Constantin est dès maintenant chose acquise ; on ne saurait prétendre qu’elle a été obtenue par une pression militaire trop directe : les objections formulées contre le débarquement se trouvent, par cela même, supprimées. Le Haut Commissaire informe M. Zaïmis de la nécessité absolue où nous sommes de mettre à terre nos soldats, retenus depuis deux jours déjà à bord des transports. Il exprime le désir que ce débarquement s’opère en complet accord avec le gouvernement grec. Afin de bien établir cet accord aux yeux de tous, il demande qu’un officier de l’état-major grec soit placé à la disposition du commandement français.

M. Jonnart remet une note en ce sens à M. Zaïmis : la voici, telle qu’elle fut publiée le soir même dans les journaux locaux :

« Vous avez bien voulu, dit cette note, prendre en considération les raisons qui ne me permettent pas de retenir plus longtemps, sur les navires qui les ont amenées, les troupes que mon gouvernement a mises à ma disposition.

« Je suis en effet dans l’obligation de les faire débarquer.

« Un examen attentif de la question m’a conduit à écarter tout projet de débarquement, où dans la baie d’Eleusis, soit à Salamine.

« C’est au Pirée que cette opération pourra être réalisée de la manière la plus pratique.

« J’ajoute que nos troupes y trouveront les conditions d’installation les plus favorables, jusqu’au jour prochain où elles pourront regagner le front macédonien pour y continuer vaillamment la lutte contre les ennemis héréditaires de la Grèce : les Bulgares et les Turcs.

« Aujourd’hui, après les communications que vous avez bien voulu me faire, nos soldats seront heureux de fraterniser avec les populations helléniques.

« Quand ils rallieront leur poste de combat, fiers d’avoir pacifiquement coopéré à l’unité de la Grèce, ils emporteront,