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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/751

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Ou bien rien : cela est écrit peu de mois avant sa propre condamnation amorti

Sa dernière tentative ayant échoué, Louis-Philippe, du moins, supplie Montpensier de demeurer au Palais Royal et de veiller sur leur père. Il y demeura jusqu’en février. « Ses opinions, a écrit le frère aîné (bien changées depuis) étaient plus voisines de celles de mon père que des miennes. »

Rien ne put empêcher la catastrophe.

Montpensier dîne au Palais Royal la veille du vote. Lui et la dame de la rue Bleue implorent et protestent. « Rassurez-vous, répond invariablement Orléans. Non, je ne ferai pas cela. Je ne puis pas le faire. Je suis incapable d’une pareille action, et d’ailleurs je n’irai pas à la Convention. » Le fils, l’amie se retirent sans trop de crainte. Le matin deux députés arrivent. Ce sont des collègues, habituellement assis auprès d’Égalité pendant les séances et qu’il aime retrouver à ses côtés. L’un d’eux est son conseil, son avocat dans ses affaires de fortune. Ils viennent le chercher. Ils triomphent de ses hésitations.

Quand Montpensier, suivant sa coutume, vient assister à la toilette de son père, on lui dit que le prince est sorti avec MM. Merlin et Treilhard. Orléans s’est défendu encore ; il ira ; soit, mais il ne votera pas… Funeste influence des groupes et des camaraderies parlementaires ! Tyrannie exercée par des figures qui prennent l’air indigné, ou offensé, ou stupéfait, à l’annonce d’une résolution ! Il faut souvent, au Parlement, se fâcher pour suivre son propre avis ; il faut braver des reproches et l’accusation d’abandonner ses amis. Mais si une scène de couloirs explique à la rigueur une faiblesse, elle n’excuse pas un crime. A quel sentiment cet homme a-t-il pu obéir ? Ce n’est pas l’ambition ; il devait en être guéri. Son fils nous assure que jamais personne n’a songé à lui pour la royauté et qu’à proprement parler, il n’avait point de parti. Ce n’est pas non plus la rancune. Le titre d’amiral, tant souhaité et refusé par le Roi, avait fini par lui être accordé le 16 septembre 1791 ; le 18 janvier 1792, Bertrand de Molleville lui en avait apporté la nouvelle. Il est à remarquer cependant que le brevet ne lui avait pas été délivré, et le fut seulement par Monge, le 28 janvier 17931 D’autre part, Louis-Philippe-Joseph n’était pas méchant ; l’amour de tous ses enfans en est garant.