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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/593

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Quand, de ton rêve ou de ta vie
Tu le vois, clair sur le ciel noir,
Exalter sa force asservie
Vers le charmant astre du soir,
Tu sens que les splendeurs d’une âme,
Rassemblant enfin leurs flambeaux,
Deviendront cette unique flamme
Qui jaillit d’un sommet plus haut…
Qu’importe à l’ardeur sans partage
La brume proche du tombeau ?
Viens rêver aux derniers feuillages
Auprès du feu brûlant et beau…


II. — TRÈS VIEILLE RONDE POUR LES PETITES FILLES


Les plus tristes amours du monde,
O mon cœur, qui les a chantées ?
Saphô ? Didon ? Yseult la blonde ?
Ariane en son île ronde ?
Armide aux grâces enchantées ?
Les plus tristes amours du monde,
O mon cœur, qui les a chantées ?

Les plus tristes amours du monde,
O mon cœur, qui les a vécues ?
Grande Hélène en désirs féconde ?
Héro tendant les bras vers l’onde ?
Cléopâtre deux fois vaincue ?
Les plus tristes amours du monde,
O mon cœur, qui les a vécues ?

Les plus tristes amours du monde,
O mon cœur, s’en sont vite allées
Dedans la mort notre et profonde…
Donc, dansez bien la belle ronde,
Amoureuses si désolées…
Les plus tristes amours du monde,
Bien vite et tôt sont consolées.