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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/543

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promiscuité collective où tout étant à tous, rien ne reste plus à personne ; la répulsion de la femme est instinctive contre les réformes qui la chassent de toutes ses intimités, et son doux entêtement use dans l’époux le prestige des formules communistes ; la présence d’enfans plaide sans cesse auprès de tous deux la cause de l’héritage contre les attaques à la propriété. La famille était donc l’ennemi, et pour la vaincre il fallait vaincre dans la femme le désir d’être mère.

A celles qui l’étaient, force était, d’ordinaire, d’ajouter un supplément au salaire de leur mari. Favoriser ce goût du travail entrepris pour les enfans offrait au socialisme le moyen de travailler contre eux. Si la femme cessait d’être toute à son foyer, il suffisait d’élargir le chemin qui la conduirait hors de chez elle. On la dressa à considérer ce gain, dangereux accessoire, comme le principal de sa vie ; on lui apprit qu’elle s’élevait à devenir, au lieu de la compagne, l’égale de l’homme ; on lui montra sa véritable place non dans la demeure conjugale qu’elle rendait plaisante à son mari, mais dans les ateliers où elle vivait comme lui et loin de lui. De nouveaux métiers s’offrirent tout à propos aux femmes, les tentèrent à la fois par l’argent et par l’indépendance. Pour ne perdre ni l’un ni l’autre, la femme, dès qu’elle devint l’ouvrière, dut tout son temps à la tâche acceptée. Une grossesse, en l’immobilisant des semaines ou des mois, ne la priverait-elle pas tout ce temps de son salaire, peut-être à jamais de son emploi ? On la persuada d’être toute à sa propre vie. Les promiscuités de l’atelier, les flétrissans exemples faisaient tomber la pudeur qui, chez la femme, sauvegarde la vertu par l’instinct. C’est auprès des ouvrières que fut poursuivie avec le plus d’activité la propagande de l’union libre et inféconde. C’est dans les villes industrielles que la campagne de stérilité a causé le plus de dommages. Elle y réduit de plus en plus les naissances, même dans ces départemens du Nord qui sont la réserve de notre race et où la famille était l’honneur commun de toutes les conditions [1].

  1. « A Roubaix (Nord), écrivait le regretté professeur Desplats, de Lille (Journal des Sciences médicales de Lille, 1908), à la suite des conférences néo-malthusiennes, chaque année on a pu voir la natalité baisser de 200 unités, 1 000 en cinq ans, c’est-à-dire d’une égale proportion de chances de repeuplement. » — Le docteur Variot, dans la Chronique infantile (septembre-octobre 1913), a fait une enquête sur place et a démontré qu’à Montceau-les-Mines les ouvriers socialistes, par leurs pratiques néo-malthusiennes, avaient fait baisser de 5 pour 100 le taux des naissances dans leurs milieux. Faits cités dans la brochure : La France repeuplée, du docteur Dauchez, p. 7.