Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/447

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pays et croient en notre méthode de faire des hommes. La plupart de ces volontaires (un peu plus de soixante-dix ont jusqu’ici été attachés au service) sont de jeunes universitaires, dont beaucoup viennent de la fondation Cecil Rhodes et de diverses branches de l’Université d’Oxford. Quoiqu’ils se soient préparés à tout autre chose qu’au travail très spécial de la Commission, ils semblent avoir d’eux-mêmes appris le métier et acquis des qualités qui, ajoutées à leurs mérites naturels d’adaptabilité, d’honnêteté, de discrétion et d’initiative, ont fait d’eux des acteurs capables de figurer sur la scène du monde. Jetés dans une situation qui exige un tact et une réserve infinis, écrasés de responsabilités, ayant à gérer d’importantes affaires dans des circonstances exceptionnelles, ils s’en sont tirés presque toujours à leur honneur. Ils se sont acquis l’admiration des Belges et des Français aussi bien que des Allemands. Les Etats-Unis peuvent être fiers d’eux : leur œuvre est un grand encouragement pour nos méthodes d’éducation. Jugées en elles-mêmes, ces méthodes paraissaient insuffisantes à un grand nombre d’entre nous. Jugées par leurs résultats, en tant que la jeunesse américaine est un résultat de l’éducation, elles donnent un démenti salutaire à ce pessimisme. Je reprends ma chaire universitaire avec une confiance nouvelle en l’œuvre éducatrice américaine. »

Cette page méritait d’être citée. Elle résume, l’œuvre de la vaillante jeunesse d’outre-mer qui se dévouait alors à un devoir humanitaire et qui vient aujourd’hui combattre à nos côtés. C’est pour nous l’occasion d’exprimer une fois de plus notre reconnaissance aux Américains, nos amis d’hier qui sont nos alliés d’aujourd’hui. Ils ont montré à ceux qui l’ignoraient quelle est la véritable mentalité de ce grand peuple, l’un des plus sincèrement épris de justice et de vraie liberté. A l’épreuve de la lutte dans laquelle ils sont entrés, leur patriotisme va se tremper encore plus solidement. Quand leurs régimens reviendront de nos tranchées, les quarante-neuf Etats seront plus fermement unis que par le passé. Mais alors même qu’ils n’avaient pas encore pris les armes, les Américains avaient le sentiment du rôle qu’un grand peuple doit jouer dans la société des nations. Avant que les messages du président Wilson eussent porté jusqu’aux extrémités du globe l’affirmation de la conscience qu’ont ses concitoyens de leurs devoirs