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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/432

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personnes du dehors qui désirent faire parvenir de l’argent en Belgique peuvent le remettre à la Commission, qui paie l’équivalent au bénéficiaire en monnaie locale.

Au début, de grandes quantités de vivres en nature avaient été remises à la Commission à titre gracieux pour les indigens, Ces dons étaient variables dans leur composition et arrivaient irrégulièrement. La répartition d’une cargaison entre plusieurs milliers de communes exigeait un système spécial de transports. Il était difficile de les ajuster aux besoins de chaque région. Il fut convenu, pour simplifier, que les dons en nature seraient rachetés à leur pleine valeur par le département de ravitaillement et rentreraient ainsi dans le courant général.

Pour le Nord de la France, l’ensemble des denrées importées est facturé aux comités de district à des prix fixés par la Commission. Les comités de district revendent les denrées aux comités communaux avec une légère augmentation, destinée à couvrir les frais. Les communes revendent les vivres, sans aucun bénéfice, à la population. Pour suppléer au manque de numéraire, chaque commune a émis des billets allant de 20 centimes à 50 francs ; elles s’en servent pour payer les services communaux, pour faire aux habitans des avances garanties par leurs propriétés, pour secourir les indigens. Le comité communal accepte ce papier en paiement de ses ventes quotidiennes de nourriture. Il remet ensuite les billets à la commune, qui s’oblige à retirer ce papier après la guerre. Ces engagemens, joints à la garantie donnée par les membres des comités de district, constituent la contre-partie des avances en or qu’obtient la Commission. Les grandes villes sont d’ailleurs créancières de l’Etat, pour le compte duquel elles ont effectué de nombreux paiemens. Afin de faciliter les règlemens, les denrées sont débitées par la Commission au Comité national belge qui reçoit les obligations communales. La liquidation des engagemens des communes et des particuliers est remise à la fin de la guerre.

Le prix moyen du blé livré par la Commission en Belgique et en France, au cours de l’année écoulée du 1er novembre 1914 au 31 octobre 1915, a été de 12 livres, 17 shillings, 11 pence par tonne, alors que le prix moyen, d’après les cotes correspondantes de Londres, était supérieur d’environ 1 livre, soit 8 pour 100. Sur le seul chapitre du blé, le travail de la