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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/431

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les premiers temps, le Comité communal remettait aux boulangers la ration de farine d’après la liste des cliens visés par le Comité. La ration de 250 grammes devait fournir 330 grammes de pain. Plus récemment, un contrat intervint, en vertu duquel le boulanger livre 1 350 grammes de pain pour chaque kilo de farine et reçoit 8 centimes par kilogramme pour frais de fabrication. Les boulangers remettent le pain à un dépôt où les habitans vont le chercher. Chaque chef de famille signe l’engagement de ne revendre aucune des denrées qui lui ont été délivrées ; on a eu grand’peine à faire respecter cette interdiction en ce qui concerne le riz : les populations du Nord manifestaient beaucoup de répugnance pour cet excellent aliment, et cherchaient à en revendre les quantités qui leur étaient allouées. Des inspecteurs à bicyclette se rendent dans chaque village pour y contrôler les ventes des magasins communaux.


VI. — ORGANISATION FINANCIÈRE

L’organisation financière comportait deux problèmes : celui du ravitaillement de la population encore en mesure de payer, et celui des indigens. Le prix du pain et des denrées importées devant être acquitté par l’acheteur, les Comités d’assistance se sont substitués aux indigens pour ces paiemens. Toutefois, ils n’ont eu à intervenir ni à Lille ni à Valenciennes : les allocations distribuées y ont permis à tous les acheteurs de payer comptant. Les comités d’assistance tirent leurs ressources des bénéfices réalisés par le département du ravitaillement et des souscriptions charitables, qui ont toutes été appliquées à la Belgique. Au moyen de ces sommes, ils achètent encore les denrées indigènes qui servent à entretenir les soupes populaires. Les ventes du département de ravitaillement sont faites avec une marge, destinée à couvrir les pertes de change, les risques de destruction, et à fournir des subsides au département d’assistance. Ce bénéfice équivaut à une contribution de la population aisée en faveur des pauvres.

La première difficulté du financement résultait du fait que les achats à l’étranger se règlent en or, tandis que les ventes sont payées en papier, et en papier n’ayant cours que dans un rayon très restreint. La Commission a obtenu que les restrictions imposées par les belligérans fussent relâchées. Ainsi les