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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/304

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semaine, j’aurais trop à faire pour pouvoir passer toute la semaine chez elle. Il est dans les choses possibles qu’elle fasse le voyage d’Italie, lorsqu’elle sera remise. Si cela est, je reprendrai mon service près d’elle tout le temps qu’elle resterait à Milan, ainsi que Mme Saint-Martin qui part le 2 pour Turin. Nous nous sommes promis de nous retrouver à Milan…

« Peut-être sais-tu ou ne sais-tu pas qu’il faut être présentée à l’Impératrice et à l’Empereur et, pour cela, il faut en faire la demande à la dame d’honneur, Mme de La Rochefoucauld. Tu pourras t’adresser à Mme Savary pour savoir si tu devras être en robe de cour ou non, car il est très fâcheux ici, et il en sera de même à Milan, de ne pas avoir de costume quand il le faut et de l’avoir quand il ne le faut pas. J’ai vu hier Savary chez la princesse. Il m’a dit devoir partir à la fin de cette semaine et il m’a promis de se charger de ta robe de cour. Toutes les tiennes seront prêtes ce soir. Une fois arrivée, que de choses nous aurons à nous dire !… J’ai vu hier Mme Rapp. Elle ne va pas en Italie. Son mari part dans quinze jours. Tu ne verras pas, comme je te l’avais annoncé, le général Saint-Sulpice, il retourne à l’armée de Brest pendant tout le temps que durera le voyage de Leurs Majestés. Comme je te porterai moi-même de mes nouvelles, peu t’importent les personnes qui pourront t’en donner. »

Mme Saint-Cyr comptait que, sa semaine faite, elle pourrait partir et prendre sa route par Genève. Le 27 germinal (17 avril) elle le pensait encore, mais elle se trouva retardée. Ce n’est que le 11 floréal (1er mai) qu’elle se met en route : elle est à Lyon le 6 mai « pour acheter des gants et des rubans, » et voir quelques personnes, puis Chambéry, Saint-Jean-de-Maurienne, Lans-le-Bourg, Turin, Novare. Elle compte être le lundi 23 à Milan pour dîner.


Si, à son retour d’Italie, au début de l’an XIV, elle ne ramène pas avec elle Mme Charpentier, celle-ci la suit de tout près, car, durant la guerre que viennent de déclarer l’Autriche et la Russie alliées de l’Angleterre, le général, qui est chef d’état-major de l’Armée d’Italie, envoie en France sa femme. D’abord, elle ira faire connaissance avec sa belle-famille qui habite dans le département de l’Aisne les terres de Vailly et d’Oigny ; celle-ci dans la forêt même de Villers-Cotterets, celle-là à trois lieues de Soissons, près d’un bourg où l’on trouve des