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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/277

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la semaine prochaine à aller m’établir à Villiers. Cela me fait croire que si ma nomination n’est pas faite, c’est tout comme. »

En attendant [1], elle reçoit, elle donne à dîner. « Le général Broussier [2]ne put pas venir parce que des affaires de service l’obligèrent de rester à Paris. Mais j’eus Macdonald que j’avais invité et sur qui je ne comptais pas, devant aller chercher sa femme qui est aux eaux d’Aix-la-Chapelle. Il se mit effectivement en route en sortant de chez moi. Tu sauras donc que Mme Macdonald, pour avoir passé des neuf nuits de suite, au bal l’hiver dernier, est tombée dans une fièvre lente, grosse de quatre mois, attaquée de la poitrine et condamnée de tous les médecins [3]. Aussi son mari est-il dans une grande affliction. Il a toujours ses deux petites à Saint-Germain [4]C’est aujourd’hui l’exercice chez Mme Campan.

« Je suis allée hier à Paris pour tes commissions… Tu ne recevras cette fois qu’un bonnet, d’un genre tout nouveau. Il n’y a que les deux princesses Louis et Murat, Mme Bernadotte [5]et moi qui en ayons jusqu’à présent. Il faut que les cheveux soient plats derrière, car on ne fait plus les choux saillans, et que le bonnet soit placé de côté. Il est tout prêt à mettre et le ruban retourne nouer sur la tête. J’espère que tu le trouveras joli. Du reste, je suis encore très peu au courant de la mode, mais on porte généralement des tailles beaucoup plus longues. Les femmes comme il faut ne peuvent sortir le matin la tête nue. Les cheveux étant coupés à la Titus, il faut absolument ou un chapeau de percale pour le très grand négligé ou bien un chapeau de crêpe lilas très grand, avec une tige de cloches de même couleur. La tige de fleurs sur le bonnet ou le chapeau est de première nécessité. »

On n’est pas sans s’impatienter à Maisons. « Je n’ai encore rien de nouveau à l’apprendre nous concernant, écrit Mme Saint-Cyr le 16 thermidor (4 août)… » Mais ce qui l’agace, ce sont

  1. 9 thermidor (28 juillet).
  2. Jean-Baptiste Broussier, qui s’était illustré dans la guerre de Naples, commandait la ville de Paris.
  3. Morte le 21 septembre 1804.
  4. Anne-Charlotte, qui épousa en 1810, M. Régnier, fils du duc de Massa, et Anne-Élisabeth, qui épousa en 1813 le comte Perregaux, nées d’un premier mariage de Macdonald avec Mlle Jacob.
  5. Bernardine-Eugénie-Désirée Clary, mariée le 17 août 1798 à Jean-Baptiste-Jules Bernadotte, plus tard prince de Ponte-Corvo, roi de Suède.