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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/221

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Revue littéraire – Une nouvelle vie de Sainte Claire [1]


Thomas de Celano, qui a écrit la vie de saint François, a écrit également la vie de sainte Claire. Celle-ci, du moins, il ne l’a peut-être que rédigée, utilisant les mémoires de l’évêque de Spolète Barthélémy, de frère Ange et de frère Léon. Avec le testament de sainte Claire, avec ses lettres et la bulle de sa canonisation, c’est le document principal sur l’abbesse et qui se disait la servante des Pauvres dames. L’on trouvera aussi beaucoup d’anecdotes précieuses dans les Fioretti ; et on les trouvera particulièrement jolies dans la traduction qu’a donnée M. André Pératé en un langage imité de saint François de Sales. Mais, il y a quelque vingt ans, M. l’abbé Cozza Luzzi a découvert à la Bibliothèque florentine un manuscrit des premières années du xvr9 siècle et qui contient la vie de sainte Claire par Thomas de Celano, mise en italien et, comme l’explique le traducteur, augmentée assez largement. Ce traducteur, on n’en sait pas le nom. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il a de bonnes intentions. Il a choisi, pour son ouvrage, la « langue vulgaire, » afin que « les dévotes et bien-aimées filles de Madame Sainte Claire » le pussent lire : Thomas de Celano écrivait en latin. L’avantage de Celano, c’est qu’il était le contemporain de sainte Claire, plus jeune qu’elle de six années environ. Il l’a connue. Il a recueilli le témoignage vivant. Ce qu’il

  1. Sainte Claire d’Assise, sa vie et ses miracles, racontés par Thomas de Celano et complétés par des récits tirés des Chroniques de l’ordre des Mineurs et du Procès de canonisation ; traduit d’après un manuscrit italien du XVIe siècle, avec une introduction et des notes, par Madeleine Havard de la Montagne (Perrin, éditeur).