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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/204

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Justement préoccupés de l’hygiène de leurs troupes, les Néo-Zélandais établirent leur camp dans un endroit des plus salubres. Ce fut la petite ville de Featherston, à faible distance de Wellington, la capitale du pays. Sous les ombrages des monts Rimutaka, on vit pousser, comme autant de champignons venus en l’espace d’une nuit, des centaines de petites maisons basses en planches auxquelles travaillèrent aussitôt mille charpentiers. Trois cents habitations, plusieurs kilomètres, de rues bordées de théâtres, de clubs, de cantines et de cafés formaient le cœur de la nouvelle cité. Les Anzacs se plurent à noter que leur camp couvrait cinquante acres et qu’il ne fallut pas moins de trente mille kilos de clous pour assembler leurs nouvelles demeures. Fervens du billard, ils s’assurèrent vingt-huit jeux où les carambolages se succédèrent sans fin. Chaque cuisine nourrissait seize cents hommes qui se répandaient dans seize réfectoires immenses. Les dortoirs furent l’objet de soins tout particuliers : les abords et l’intérieur en étaient, la nuit, éclairés par trois mille lampes électriques. Bientôt, le service postal fonctionnait avec une remarquable régularité.

L’instruction des troupes se poursuivit active et méthodique. Autour du camp, tranchées, ouvrages de campagne, étaient établis d’après les méthodes les plus récentes par des instructeurs venus du front occidental. Dans le camp de Papawai, artilleurs et mitrailleurs, signaleurs et tirailleurs, s’exerçaient au milieu de champs remplis de lance-bombes et de blockhaus ; puis, leur entraînement terminé, par groupes de deux mille hommes, ils gagnaient la ville de Trentham.

Bientôt devait se poser le problème de la conscription. Pendant les premiers mois, le comité de guerre britannique n’avait demandé que neuf cents soldats de renfort mensuel. A la fin de 1915, devant la résistance croissante de l’Allemagne, il réclama une contribution de deux mille cinq cents hommes par mois. Malgré quelques opposans travaillistes, la loi militaire que proposa le colonel Allen, ministre de la Guerre, fut votée, le 10 juin 1916, par trente-quatre voix contre quatre, aux acclamations de la Chambre entière.

L’arme est forgée maintenant, nous pouvons suivre les Néo-Zélandais sur les champs de bataille.