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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 42.djvu/168

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La belle France - Portraits de chez nous [1]


SŒUR IGNACE

Tous les touristes un peu familiarisés avec les sites de la Haute-Alsace connaissent le bourg de Willer, l’un des centres d’excursions les plus fréquentés des Vosges. On y monte en quelques heures au grand ballon de Guebviller, au Molkenrain d’où l’œil va des Alpes à la Forêt-Noire, et l’on n’y est pas très loin du fameux Hartmansweillerkopf dont tant de combats devaient ensanglanter les crêtes. Des vallons boisés et rocheux débouchant les uns dans les autres, des tunnels d’où s’allongent des voies ferrées, des ponts sur des torrens, des fermes dans la montagne, une rivière serpentante et fraîche, des usines et des moulins, tel est ce beau pays de Willer et de ses environs où l’industrieuse et jolie Thurr, dont la vallée porte le nom, coule pittoresquement de Saint-Amarin à Moosch et de Moosch à Bishwiller, pour s’en aller vers l’historique petite ville de Thann, dominée par la ruine de son vieux château et parée de son clocher gothique.

Il y a une quarantaine d’années, peu de temps après la guerre de 1870, l’un des moulins du pays était la propriété des Roesch. Ils y vivaient heureux, avec leurs cinq enfans, un fils et quatre filles, dont deux étaient jumelles, et il y avait cependant

  1. Voyez la Revue du 1er septembre.