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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/946

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Ces faits nous montrent expérimentalement : 1° que les liquides de Mencière sont puissamment antiseptiques ; 2° qu’ils sont non pas des destructeurs de la cellule, non pas des substances cytolytiques, comme disent en leur jargon les biologistes, mais des substances qui la reconstituent au contraire, des substances cytogéniques.

Passons maintenant à l’exposé clinique de la méthode. Celle-ci, nous l’avons dit, pas plus qu’aucune autre, ne supprime la nécessité de l’acte chirurgical, une fois que le praticien en a discerné l’opportunité. Elle n’est, encore un coup, comme celle de Carrel, qu’une méthode de traitement des plaies chirurgicale ment expurgées.

L’innocuité de cette méthode est telle qu’elle permet d’employer en grande quantité les antiseptiques dont l’auteur a donné la formule sans risquer les accidens toxiques auxquels exposent les antiseptiques usuels, tels que l’acide phénique ou le sublimé.

Supposons que l’on ait affaire à une plaie cavitaire large et d’accès facile, ou à une plaie en surface, on se servira d’un pulvérisateur en verre. Le pulvérisateur ordinaire à eau de Cologne fera très bien l’affaire. On pulvérisera sur toute la surface de la plaie et de ses abords le liquide répandu enfuies gouttelettes. La durée de la pulvérisation sera aussi prolongée qu’on voudra, tout en n’utilisant qu’une quantité minime de liquide.

Pour mieux assurer la désinfection, il sera bon de soulever avec des pinces de Kocher, les bords de la plaie, de manière à constituer une sorte de puits dans lequel on verse la solution avec une pissette.

Un pulvérisateur renversé peut à la rigueur tenir lieu de pissette. On obtient de la sorte un véritable bain des parois dont tous les recoins et anfractuosités se trouvent déplissés et macérés par la solution. Puis on y met des compresses imbibées de celle-ci, mollement tassées et non bourrées, que l’on recouvre de coton et de bandes.

Dans les trajets étroits, dans les plaies tunnellisées en séton, on emploie les injections à la seringue. Une seringue en verre de 10 ou 20 centimètres cubes est commode à cet effet, en obturant, s’il y a lieu, un des orifices pour assurer un contact prolongé. Ici pas de tubes, pas de goutte à goutte. Les principes actifs, stables, de cette méthode d’embaumement permettent d’assurer le pansement permanent d’une façon simple. Il suffit de proportionner le renouvellement du pansement et la durée de la macération au degré d’infection que fait connaître le < microscope comme dans le Carrel. Dans les cas de haute gravité, on le renouvelle toutes les 12 heures, en macérant les tissus et les cavités avec la solution pendant 5 à 6 minutes durant