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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/887

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sont assurés pour la partition et les 4 000 francs assurés d’avance par le libraire.

Oui, je consentais à perdre un poème en quatre actes entièrement terminé. Oui enfin, et à coup sûr toujours dans votre intérêt, je renonçais à ma part dans les 30 000 francs d’indemnités que vous nous devez, et me contentais du complément d’une prime de 2 000 francs, qui depuis quatre ans m’aurait dû être payée (d’après nos traités), que le Duc d’Albe fût joué ou non.

Oui, je conviens de tout cela.

Mais, à votre tour, rappelez-vous dans quelles circonstances ces conversations avaient lieu : dans la prévision d’un ouvrage de moi pour l’hiver suivant, soit avec Meyerbeer, soit avec tout autre, et si vos souvenirs ne vous sont pas assez présens, consultez nos traités et relisez surtout le dernier (celui de Jeanne la Folle), traité signé par nous à la fin de 1843, et par conséquent bien postérieur à toutes mes conversations dont il renferme le sens et le résumé.

Vous y verrez que, si le scénario de Jeanne la Folle ne vous convenait pas, — ce qui est arrivé, — le Duc d’Albe reprenait tous ses droits et que je ne renonçais plus à rien.

En effet, quoiqu’il fût agréable à vous et fort peu à moi de substituer au Duc d’Albe qui était fait, Jeanne la Folle qu’il fallait faire, vous concevez très bien que, devant avoir l’hiver prochain un grand ouvrage qui allait vous coûter une nouvelle prime et de grandes dépenses, je pouvais, je devais peut-être renoncer aux autres avantages qui m’étaient assurés et garantis.

Mais sans cela, pourquoi tant de sacrifices, de sacrifices gratuits ? C’était pousser jusqu’à l’absurde une générosité dont vous-même n’auriez pas voulu…

EUG. SCRIBE.


Léon Pillet répond en proposant je ne sais quelle combinaison nouvelle, qui gagnera du temps et remettra à plus tard le règlement du compte. Scribe voit le piège, ne s’y laisse pas entraîner, d’autant que son amour-propre d’auteur a été froissé par toutes ces chicanes. Il écrit :


A Léon Pillet.

Maintenant encore, c’est vous qui me demandez un ouvrage pour deux ans, parce qu’il vous est plus commode de me payer