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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/851

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XII


Jamais ni la bruyère en feu, ni les cigales,
Ni la fièvre qui fait délirer un enfant,
Ni la route sans peupliers au soleil blanc,
Ni la joue amoureuse où la honte s’étale ;

Ni le rosier baigné par une aube automnale,
Ni l’azur que l’on boit au puits en frissonnant,
Ni la brise à minuit qui tout à coup surprend
Le dormeur qui rêvait aux collines natales…

Jamais cette chaleur, jamais cette fraîcheur
N’atteignirent le frais ou le chaud de mon cœur
Qui croyait inventer l’amour sur cette terre,

Posséder du Printemps, de l’Eté, les primeurs,
Mais reculer toujours l’Automne qui tempère
L’homme qui semble triste et qui sait le bonheur.


FRANCIS JAMES.