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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/831

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Formule simple, il est vrai, mais concise jusqu’à l’équivoque, désintéressée jusqu’à la sottise, trompeuse donc à tous égards : on.ne le voit que trop par l’interprétation qu’en ont tirée les socialistes allemands, tant majoritaires que minoritaires, dans leurs réponses officielles au questionnaire dressé par les promoteurs hollando-scandinaves de la conférence de Stockholm.

Les majoritaires d’abord, puisque aussi bien, étant les plus nombreux, ils sont les plus qualifiés à représenter l’opinion dominante chez leurs camarades en socialisme international. « Nous sommes, affirment-ils, opposés à toute saisie de territoire par la violence, » mais ils ajoutent, — et ce sont comme par hasard les conditions qui ont permis à l’Allemagne de 1871 de nous arracher l’Alsace-Lorraine avec droit d’option des autochtones : — « En cas de changemens de frontières consécutifs à un arrangement, la population en cause doit, si elle le désire, demeurer attachée à l’ancien Etat dont elle faisait partie, être pourvue de moyens légaux et économiques pour émigrer et décliner l’annexion. » Puis, comme il n’est pas certain que le sort des armes permette en fin de cause assez de ces changemens de frontières « consécutifs à un arrangement, » ni surtout d’assez avantageux, les majoritaires entonnent ensuite l’hymne à la libre expansion économique, qui va devenir le leitmotiv de toute la musique pacifiste d’outre-Rhin : « Aucune guerre commerciale ne devrait être déclarée après la présente guerre. Les échanges commerciaux devraient être absolument libres ; la protection, les tarifs et autres obstacles devront être complètement supprimés. »

Pour les minoritaires, — ils ne sont qu’une poignée, il est vrai, — on doit reconnaître qu’ils sont moins annexionnistes que leurs émules de la majorité, plus partisans que ceux-ci de la restauration d’une Belgique intégrale, plus enclins à chercher, à tout le moins dans un plébiscite, une solution au problème de l’Alsace-Lorraine. Mais, quand il s’agit de l’avenir économique du monde, MM. Haase et Ledebour ne se distinguent plus de MM. Scheidemann, Sudekum, Legien et consorts : « Nous exigeons la liberté la plus complète du trafic et du commerce internationaux, de même que nous exigeons que le droit d’émigrer et d’immigrer, en vue de développer les forces productives du monde et d’améliorer le rapprochement et les