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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/819

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Mobiles de guerre et buts de paix


Les questions pratiques de peuvent être résolues qu’à l’aide de moyens pratiques et ce n’est pas avec des phrases qu’on peut obtenir ce résultat.
(Appel du président Wilson à la Russie, juin 1917.)


« Il semblait, à entendre les sectateurs des dogmes nouveaux, que la démocratie conduirait les peuples à la fraternité et que le système des nationalités fonderait la paix universelle. La démocratie, loin d’adoucir les mœurs, les a rendues plus rudes ; elle a développé l’égoïsme et non l’abnégation dans les cœurs. Le système des nationalités a déjà provoqué et provoquera plus de guerres que ne l’ont fait autrefois les querelles religieuses et que ne le font de nos jours les ambitions des rois. Les convoitises des nations sont plus âpres, leurs triomphes sont plus hautains, leurs mépris sont plus insultans que ceux des princes ; ils soulèvent aussi des ressentimens plus amers et plus durables. L’homme n’est plus atteint dans un principe abstrait, l’Etat ou la royauté, il est atteint dans son sang et dans sa race ; les passions qui n’agitaient autrefois que quelques individus gagnent la masse du peuple, et elles deviennent d’autant plus terribles que les esprits dont elles s’emparent sont plus bornés. » C’est en ces termes, singulièrement sagaces et prophétiques,