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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/790

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Equisses contemporaines – Albert de Mun


I. L’ŒUVRE ORATOIRE, POLITIQUE ET SOCIALE


« Demeuré soldat, sous son vêtement d’homme de lettres, par la double vertu du souvenir et du sang, il laissait déborder, dans sa passion pour la grandeur nationale, cet idéalisme et cet enthousiasme dont son âme enfermait la source. » (Réponse au discours de réception de M. Henri de Régnier.)
C’était un croisé. Tel nous l’avons connu, dans les derniers mois de sa vie, nous versant le cordial quotidien de sa générosité, de son ardeur, de sa double foi patriotique et religieuse, de son infatigable espérance, tel, au fond, il a été, toujours. D’une guerre à l’autre, il aura été le champion d’une seule et sainte cause. D’abord par l’épée, puis par la parole, et enfin par la plume, il a vécu et il est mort en combattant pour elle.


I

L’hérédité a de ces ironies. Si l’on avait prédit à Claude-Adrien Helvétius, le philosophe matérialiste et philanthrope du XVIIIe siècle, qu’il aurait pour arrière-petit-fils un ardent