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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/64

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étendu, l’assaillant s’expose à voir ses dispositions ruinées de fond en comble, bouleversées par une contre-attaque adverse énergique


Le colonel Repington, qui suit les manœuvres allemandes de 1911, y reconnaît, immédiatement, l’application des idées de Schlieffen et il en fait la critique dans un passage d’une grande objectivité :


Il faut bien avouer que le maréchal von der Goltz (qui commandait) nous stupéfia en étendant aussi démesurément qu’il le fit le front de son armée. On s’étonnait déjà de voir sa division de couverture dispersée sur une ligne de 35 à 45 kilomètres ; mais on fut plus surpris encore lorsque l’armée bleue, composée de deux corps d’armée et d’une division de cavalerie, accepta la bataille sur un front de 40 kilomètres et essaya d’envelopper à la fois les deux ailes d’un ennemi presque d’égale force. Heureusement pour von der Goltz, il ne se trouvait pas de Napoléon en face de lui… Sur la frontière française, longue de 250 kilomètres seulement, on ne pourrait déployer que six corps d’armée. On revient alors à ce dilemme : ou la tactique (Repington prend ce mot dans son sens le plus large) employée aux manœuvres ne sera pas appliquée dans une guerre contre la France, ou le front de déploiement des années allemandes empiétera sur le territoire des neutres.


On voit que les idées de Schlieffen étaient du domaine courant avant la guerre par suite de l’application qu’en faisait, d’ores et déjà, dans les manœuvres, le commandement allemand.

Mais il devient également évident que l’on connaissait aussi le défaut de la cuirasse et que les esprits avertis avaient prévu la parade.

Le capitaine Sorb écrit :


Les régions d’attaque les plus probables sont, pour les Allemands, celle qui s’étend au nord de Verdun et celle qui, simultanément, se développe entre Toul et Épinal. Au nord de Verdun, ils tenteront un mouvement enveloppant auquel ils n’ont renoncé en aucune manière ; entre Toul et Épinal, ils prépareront une attaque destinée à rompre notre front.

L’attaque d’aile sera, comme par le passé, montée d’avance. Même, on en augmentera l’envergure de manière à agir vite en escomptant certains facteurs moraux… Comme la place de Verdun augmente, dans des proportions considérables, la capacité de